Historique

De 1991 à 2016

En 2016, Kyudo Québec fête ses 25 ans.

Kyudo Québec inc. est le nom corporatif, Suiko est le nom du dojo. Lors d’un stage à Montréal,donné sous la direction de Sensei Shibata XXe, celui-ci fut charmé par la présence de l’eau,

Montréal étant une île. Il change alors le nom du dojo pour Suiko, qui signifie tigre d’eau,considérant ce nom plus approprié que celui de Enko, beauté et élégance du tigre, nom qu’il lui avait donné deux ans plus tôt.

École et style

Le style de Kyudo pratiqué au dojo Suiko de Montréal est issu de l’école traditionnelle Heki Bishu Chikurin-ha. Il s’agit d’une forme de Kyudo axée sur la méditation en action plutôt qu’une discipline sportive axée sur la performance et la compétition.

Voir aussi l’onglet Kyudo.

Les origines du style Chikurin

Au Japon, durant la période féodale, l’arc était l’arme de prédilection de la classe guerrière, les Samouraïs. À cette époque, les différents styles de combat n’étaient pas codifiés. Vers le milieu du XVe siècle, un guerrier du nom de Heki Danjo Masatsugu (1443-1502), qui s’était illustré sur les champs de bataille de Kyoto, élabora une méthode qui révolutionna le tir à l’arc japonais. Il aurait transmis sa technique à la famille Yoshida. La Yoshida-ryu fut ensuite divisée et transmise à deux branches de successeurs. Les légendes aussi se transmettent et elles sont parfois contradictoires quant à la paternité des écoles et des styles.

Aussi, on retient également Heki Yazaemon Noritsugu (1394-1427) comme fondateur de la tradition Heki et du style Chikurin. L’école Heki Chikurin fut ensuite divisée en plusieurs branches de successeurs, dont celle de la lignée des Kanjuro Shibata, et ce, depuis le XVIe siècle.

Bishu est la région du Japon associée au style Heki Bishu Chikurin-ha, celui que nous pratiquons au Suiko kyudojo de Kyudo Québec.

Voir aussi l’onglet Enseignement.

À partir du XVIe siècle, avec l’introduction progressive des armes à feu, le maniement de l’arc comme arme de combat disparaît peu à peu. Et, sous l’influence de plus en plus grande du bouddhisme zen, le kyujutsu (technique de l’arc) se transforme en kyudo (voie de l’arc). Jadis arme de guerre, l’arc devient un outil de développement personnel, et le dojo un lieu de rencontre avec soi-même où la véritable cible est intérieure.

Après la deuxième guerre mondiale, la fédération japonaise de Kyudo se donne pour objectif de normaliser les enseignements des différentes écoles de Kyudo. L’école Heki Bishu Chikurin-ha n’en fait cependant pas partie. Kanjuro Shibata XXe (1921-2013) refusait de soumettre ses étudiants à tout système de classification.

Chikurin en Occident

Aujourd’hui, le Kyudo est très populaire au Japon. Dans certaines écoles, on le pratique souvent comme un sport où atteindre la cible est très important. Sensei Shibata XXe ne partage pas ce point de vue; pour lui, le Kyudo est un moyen pour aider à polir l’esprit du kyudoka, et c’est la dignité du tir qui importe le plus.

En 1980, Chögyam Trungpa Rinpoché (1939-1987) invita Kanjuro Shibata XXe aux États-Unis,pour enseigner le Kyudo à la communauté Shambhala. Ensemble, ils fondèrent Ryuko kyudojo,à Boulder (Colorado), où Sensei établit sa résidence.

En quelques années, Sensei Shibata implanta 25 dojos de Kyudo aux États-Unis, au Canada et en Europe. Sensei donna à chaque nouveau dojo un nom de tigre: Seiko, Enko, Toko, Suiko, Kinko,Kanko, Koko, Reiko, Monko, etc. L’ensemble des dojos tigres était chapeauté par Ryuko kyudojo (le dragon-tigre) qui, en 2005, est devenu Zenko International.

Du Kyudo à Montréal

Au début des années 90, quelques personnes de Montréal et sa banlieue aspiraient à pratiquer le Kyudo. En septembre 1991, Sensei Shibata XXe dirigeait un stage intensif au Vermont, au Seiko kyudojo de Karmê Chöling; c’est là qu’ils ont été initiés. En octobre de la même année, Guy Hince, Gilbert St-Laurent et deux autres personnes fondèrent Kyudo Québec, se donnant pour mission de promouvoir le Kyudo au Québec et d’en favoriser la pratique dans sa forme traditionnelle.

Les stages de formation

Un stage est une occasion privilégiée d’apprentissage, qu’il s’agisse d’un stage d’initiation, d’un stage intensif dirigé par Sensei ou par un chef-instructeur invité, ou d’un stage de perfectionnement pour instructeurs. C’est aussi l’occasion d’échanger avec des kyudokas qui pratiquent dans d’autres dojos au Canada, aux États-Unis et en Europe.

En 1992, Kyudo Québec organise deux stages d’initiation à Montréal, puis un troisième stage en 1993, cette fois, sous la direction de Sensei Shibata XXe. Un autre stage pour débutants a lieu en mai 1994, également dirigé par Sensei.

En 1994, Guy Hince, qui jusque là agissait comme président de Kyudo Québec, quitte Montréal pour aller s’installer à Saskatoon. Marcel Charron et Jean-Pierre Poggi prennent alors le dojo en charge. Vingt-deux ans plus tard, c’est encore ces deux chefs-instructeurs qui sont au coeur de Suiko kyudojo, et qui, aidés des autres instructeurs et des membres actifs du dojo, en assurent le rayonnement et le bon fonctionnement.

En juin 1996, le dojo de Montréal participe à l’organisation du stage de Kanko kyudojo à Ottawa. Depuis 1998, les stages intensifs d’été organisés par Kyudo Québec se tiennent à la Villa St-Martin. Sensei Shibata XXe y a dirigé ceux de 1998, 2000 et 2002. Depuis 2004, les stages de Suiko sont dirigés par Don Symanski, chef-instructeur pour l’Amérique du Nord, l’un des plus anciens étudiants de Sensei. Monsieur Symanski est également fabricant d’arcs traditionnels japonais.

Voir aussi l’onglet Enseignement.

Les pratiques hebdomadaires

On assiste d’abord à une séance de formation où l’on apprend les rudiments de base. Ensuite, il reste à pratiquer. Sans relâche, les mêmes gestes, les sept coordinations de la forme Shichido,puis Hitote, Tsukubai, et Reisha, debout, à genoux, seul ou en synchro.

Le dojo de Montréal est ouvert tous les lundis soirs, pour pratiquer assidument, observer,recevoir des conseils techniques, s’autocorriger et… polir son esprit.

Les lieux de pratique

Au début, Kyudo Québec utilise le dojo Watanabe, sur la rue St-Zotique, à Montréal. De septembre 1994 à 1996, il opère également un deuxième dojo, à Mont-St-Hilaire. Puis de 1995 à 2001, le dojo s’installe au Centre Shambhala de Montréal, sur la rue Ste-Catherine. Quelques années plus tard, les kyudokas étant de plus en plus nombreux, il faut trouver une salle plus grande. Alors le dojo déménage au Centre Jean-Pierre-Perreault, sur la rue Sherbrooke; il y reste jusqu’en 2006. De 2006 à 2008, il est au Centre St-Barthélémy, sur la rue des Érables. Puis il revient au Centre Jean-Pierre-Perreault, également appelé Circuit-Est, au 2022 Sherbrooke Est, làoù il est encore en 2016.

Dès que la température le permet, généralement à partir du mois de mai, il y a aussi des pratiques à l’extérieur, sur cible à longue distance.

Les démonstrations de Kyudo

Dès 1993, Kyudo Québec entreprend de faire connaître le Kyudo au moyen de démonstrations publiques au travers du Québec, soit sur demande pour des organisations privées, soit lors d’événements spéciaux et de grands rassemblements.

Les démonstrations publiques de Kyudo ont été et demeurent un moyen de diffusion efficace.

Elles ciblent les rassemblements où les arts martiaux sont présents, notamment le Salon Sports et Loisirs au Stade Olympique, en 1993 et en 1994, puis le Budo Show à Verdun, en 1996. On privilégie aussi les lieux et les événements liés à la culture japonaise, notamment le pavillon japonais du Jardin Botanique de Montréal où des démos sont données tous les dimanches des étés 1993 et 1994, puis le Musée canadien de l’histoire à Hull, et les Journées nippones à Chicoutimi, en 2003, puis à la Place Desjardins dans le cadre de la semaine Asie-Pacifique, et au Parc Maisonneuve, en 2008, pour ne nommer que ceux-là. Finalement, il y a les prestations récurrentes, comme celles données au Matsuri de Montréal - festival japonais - qui se tient au mois d’août de chaque année.

Les démonstrations de Kyudo suscitent de nombreuses questions de la part des observateurs.

Certaines donnent lieu à des reportages télé, des émissions de radio et des articles de revues. Par exemple:

Radio-Canada, Second regard.

Radio-Québec, Le club des 100 watts (capsule consacrée aux valeurs traditionnelles des autres ethnies),

Juin 1994.

CBC, Busy Bodies, Octobre 1994.

The Globe and Mail, Zen Archery, Susan Pinker, May 2, 2002.

Le Guide Ressource, Kyudo: la méditation par le tir à l’arc, Sophie Legault, Février 2004.

Puis, il y a les tirs de cérémonie, comme ceux qui avaient lieu en présence de Sensei et ses invités, et qui se font encore à la fin d’un stage, ou ceux du Tir du Nouvel An au dojo.

Et, bien sûr, il y a les démos faites au dojo, particulièrement lors des soirées d’information offertes au public invité qui s’intéresse au Kyudo. Ces soirées d’information ont lieu quatre fois par année.

Emblème et logo

En septembre 1997, Suiko se dote d’une image emblématique montrant un archer dans la tenue traditionnelle, son arc tendu, juste avant la relâche de la flèche. Cette magnifique encre (sumi-e),intitulée « l’archer », a été réalisée pour Kyudo Québec par l’artiste canadien Dao Yan Hu.

Puis en 2011, pour ses 20 ans, Kyudo Québec crée son logo, avec le cercle Enzo - qui combine le vide et la forme - traversé par deux flèches, l’une qui part, l’autre qui revient, signifiant que le tir est circulaire, puisque, symboliquement, le kyudoka s’atteint lui-même.

« L’archer » et le logo apparaissent sur le site web et le dépliant d’information de Kyudo Québec,avec les deux calligraphies: l’une signifiant La voie de l’arc, et l’autre, Suiko kyudojo, celle-ci réalisée par Kanjuro Shibata XXe.

Les valeurs

Quel que soit le style pratiqué, tous les maîtres japonais s’entendent pour dire qu’il y a trois qualités essentielles dans la pratique du Kyudo: Shin (sérénité et respect de la vérité), Zen (bonté et courtoisie), Bi (expression de la beauté et dignité). Kanjuro Shibata XXe était certes un digne représentant de ces valeurs. Il tenait aussi pour importantes les qualités de coeur: Chi (sagesse) écouter l’autre sans juger, Jin (bienveillance) aider l’autre avec sincérité, Yu (bravoure) persévérer au-delà des résistances et des oppositions.

Le dojo de Montréal est un dojo laïc et ouvert où il n’est pas de mise d’afficher des couleurs politiques, religieuses ou sectaires, et où aucune discrimination n’est tolérée. Les valeurs fondamentales de Kyudo Québec sont la simplicité, l’entraide et le respect: le respect des coutumes, des personnes et de leur cheminement, de la discipline et des enseignements, de l’équipement et du lieu de pratique.

Depuis janvier 2009, Suiko kyudojo est indépendant de Zenko International. La même année, Kyudo Québec adopte des règlements quant au fonctionnement de son dojo, ses valeurs et sa mission, à laquelle s’ajoute celle de promouvoir l’enseignement reçu de Kanjuro Shibata XXe et tel qu’il continue à être transmis par Don Symanski et par les instructeurs du dojo.

Les instructeurs

De 1991 à 2015, les instructeurs étaient:

Guy Hince

Marcel Charron

Jean-Pierre Poggi

Carmen Frenette

Albert Simon

Arlette Nadon

Nicole Bouchard

Patrick Le Duc

Michèle Turcotte

Michel Régnier

Michael Otabe

Benoît Newberry

En 2016, les instructeurs sont:

Marcel Charron

Jean-Pierre Poggi

Albert Simon

Michael Otabe

Benoît Newberry

Monique Lebire

Marc Pape

   © Kyudo Québec Inc. 2011